Hautes-Alpes : meurtre d'Océane, "l'impact s'est produit entre 50 et 70 km/h"

Hautes-Alpes : meurtre d'Océane, "l'impact s'est produit entre 50 et 70 km/h"

JUSTICE / Depuis ce lundi se tient le procès pour meurtre et tentatives de meurtre de Loïc T., un Argentiérois de 20 ans. Le 16 août 2015, il a renversé mortellement Océane Bigaré, jeune fille alors âgée de 18 ans.

 

- Hautes-Alpes - 

 

2ème jour du procès devant la Cour d’Assises des Hautes-Alpes pour un Argentiérois de 20 ans. Il doit répondre jusqu’à ce mercredi du meurtre d’Océane Bigaré, mais également de trois tentatives de meurtres. Océane, cette Briançonnaise de 18 ans, avait été mortellement fauchée le 16 août 2015 à la sortie de la boîte de nuit « Le Baroque » à Briançon. Elle décèdera le 18 octobre 2015 des suites de ses blessures.

 

    « Si elle avait survécu, Océane serait restée tétraplégique »

 

Ce lundi, le médecin légiste grenoblois a été entendu par la Cour d’Assises. Selon lui, c’est bien la collision avec le véhicule qui a entraîné la mort de la jeune fille, en raison de la « fracture de la vertèbre cervicale » ayant conduit l’équipe médicale à poser une canule afin de permettre à la victime de respirer. Ce sont les complications d’un traitement qui sont « à l’origine de sa mort ». Toujours selon le légiste, la jeune femme serait restée tétraplégique si elle avait survécu car elle était « atteinte à la moëlle épinière ».

 

    « J’essaie de me projeter, mais je préfère ne pas y penser », Loïc T.

 

Le procès s’est poursuivi ce mardi au sein du tribunal de Gap. Au cœur des discussions notamment l’origine des faits, ce qui a conduit Loïc T., 18 ans à l’époque, à renverser la jeune fille. À la barre, cet Argentiérois explique avoir passé plusieurs mois en détention, avant une libération sous contrôle judiciaire en septembre 2016. Ce jeune homme habillé de noir, le regard fixé dans le vide, la mine grave, semble fragile. Aux jurés, il explique ses difficultés scolaires depuis les faits, lui qui en 2015 était en passe d’obtenir un BEP commerce et un brevet d’État de moniteur de ski. Désormais domicilié à Marseille, il ne peut plus conduire de véhicule motorisé et se rend toutes les deux semaines chez un psychologue. « On parle de l’accident et du procès », explique-t-il. Mais à la question du président de la Cour d’Assises, Jean-Pierre Pradier, « comment voyez-vous votre avenir ? », le jeune homme fond en larmes déclarant préférer « ne pas y penser ».

 

Un conflit de plusieurs mois entre plusieurs bandes rivales

Un différend entre deux bandes rivales est à l’origine du drame ce soir d’août 2015. Selon le directeur d’enquête, tout aurait démarré au sein de l’enceinte de la boîte de nuit « Le Baroque » à Briançon. Un conflit entre deux groupes, celui de l’Argentière-la-Bessée et celui des « Toulouzanes » à Briançon, conflit qui semble avoir pris un an auparavant. L’accusé, Loïc, et son frère auraient déjà été pris à partie. Ce soir-là, les agents de sécurité de l’établissement nocturne sont obligés d’intervenir par deux fois pour séparer les jeunes gens.

 

L’accusé fait demi-tour à plusieurs reprises

Loïc explique alors avoir pris le volant de sa Golf pour ramener l’un de ses amis près du Col d’Izoard. Et alors qu’il passe une première fois route des Maisons Blanches, il croise le chemin de l’un des amis d’Océane. Ce dernier a brisé un manche à balai en deux et semble menaçant. Loïc s’arrête plus loin, puis poursuit sa route. Le jeune homme repassera par trois fois par cet axe, malgré la menace présente à son encontre puisque son véhicule sera caillassé. Un itinéraire qui ne manquera pas d’interroger le président de la Cour. Sauf l’envie semble-t-il d’en découdre avec les rivaux, il n’y avait pas d’autres raisons de passer par cet axe pour ramener son passager, « il aurait dû faire demi-tour, il y a eu une prise de risques ».

Et alors que Loïc rejoint ses amis près de la boîte de nuit afin de ramener un téléphone portable oublié, il leur déclare être attendu de l’autre côté du tunnel par le groupe des « Toulouzanes » et vouloir s’expliquer avec eux.

 

Loïc a t-il renversé intentionnellement Océane ?

Un débat s’installe au sein de la Cour d’Assises : la position du groupe lorsque Loïc revient une dernière fois. Selon une première version dans l’enquête, celle du groupe d’Océane, les quatre jeunes gens se suivaient en file indienne sur le trottoir rue des Maisons Blanches, près du tunnel, quand le jeune conducteur revient « et celui-ci s’est volontairement placé sur le trottoir », résume l’enquêteur. Mais selon la version de Loïc et d’autres témoins, deux jeunes du groupe des « Toulouzanes » étaient placés au milieu de la chaussée. Loïc se serait alors placé sur le trottoir, avant de les dépasser et de regarder dans son rétroviseur s’il n’était pas suivi. C’est là qu’il aurait renversé la jeune fille.

Mais malgré le choc de la collision, Loïc n’aurait pas freiné, « aucune trace n’a été retrouvée sur le macadam ». Le jeune homme sera interpellé le lendemain à 12h, « lors d’un barbecue familial » au domicile de ses parents. Il explique alors aux enquêteurs que sa voiture a été volée. Finalement, elle est retrouvée à Freissinières avec les traces des caillassages successifs. Entendu par les enquêteurs, Loïc T. avouera finalement les faits de la veille. « J'étais avec ma famille quand les policiers sont arrivés chez nous, je n'osais pas dire que j'avais renversé quelqu'un, c'est donc cette version qui est sortie ».

 

Selon un expert, l'impact s'est produit entre 50 et 70km/h

Ce mardi après midi, c’est un expert qui est devant la barre. Un expert qui a examiné le véhicule pour « dans un premier temps éliminer les causes mécaniques » lors de ce drame. Les traces sur le véhicule ont été étudiées. « Il y a différents impacts de pierres sur le pare-brise. Des pierres de 200 et 700 grammes ». La voiture venait d’être caillassée juste avant le drame. Autres impacts, celui du grattoir jeté sur le pare-brise, et celui dû au choc de la victime sur le véhicule.

Selon l’expert, contrairement aux dires du témoin entendu plus tôt ce mardi après-midi, les traces sur le véhicules « indiquent que le corps de la victime n’a pas pu être éjecté ». Selon lui, l’impact « a dû se produire entre 50 et 70 km/h » car le corps a perforé le pare-brise « alors qu’à 40km/h le corps est éjecté et rebondit ». Selon l’expert, Océane serait restée sur le capot et aurait été éjectée dans un deuxième temps lorsque Loïc aurait freiné pour prendre le rond-point. Il souligne également que suite aux impacts de pierres, Loic « n’avait quasiment plus aucune vision de ce qui se passe en face de lui ». Devant la Cour, Loic insiste pour dire qu’il ne roulait pas à plus de 50 km/h. Le jeune homme très énervé, qui lance avoir demandé une autre expertise « car celle-ci a été faite à l'arrache ».

Le procès se poursuit jusqu'à ce mercredi, avec un verdict attendu dans la soirée.

 

 

C. Michard


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