-Hautes-Alpes-
L’enquête se poursuit pour retrouver Amjad. J. L’adolescent de 13 ans est porté disparu depuis le 23 mars, c’est la dernière fois où il a été vu dans son foyer où il était placé à Gap. Un placement depuis son plus jeune âge selon le parquet de Gap, puisqu’une procédure en assistance éducative est ouverte depuis 2013, avant un placement « chez des tiers » c’est-à-dire en famille d’accueil à partir de 2017 et un placement ASE, Aide Sociale à l’Enfance. La procureure, Marion Lozac’hmeur, confirme que l’enquête pour disparition inquiétante se poursuit auprès du commissariat de Gap. « Nous espérons évidemment retrouver le mineur le plus rapidement possible », réagit-elle sur Alpes 1.
Comment se déroule une enquête pour disparition inquiétante, en particulier pour un mineur ? Entretien avec le Commissaire divisionnaire Jérémie Bosse Platière, directeur de la PN 05
À partir de quand on considère qu’une disparition est inquiétante ? L’âge entre-t-il en jeu ?
Oui, le simple fait qu’un mineur soit signalé comme disparu est en soit inquiétant. La qualité de mineur entraine automatiquement une enquête pour disparition de mineur.
Comment cela se déroule-t-il, lors d’une disparition inquiétante ?
C’est d’abord une enquête de police. Sous l’autorité du procureur de la République, les services de police ouvrent une enquête pour disparition inquiétante. Dans le cadre d’un mineur, c’est automatique. Pour un adulte, ce sera sur des critères objectifs qui laissent à penser que la personne est en danger et qu’elle n’a pas disparu de manière volontaire.
Ensuite, l’enquête va déployer des moyens qui sont comparables à ceux d’une enquête pour flagrance : on va pouvoir réaliser un certain nombre d’investigations, comme des recueils d’éléments pour comprendre ce qu’il s’est passé, aller sur les lieux du domicile de la personne pour perquisitionner, recueillir des témoignages, travailler sur la téléphonie pour localiser la personne.
Il peut aussi y avoir un appel à témoins lancé auprès des médias ?
Il n’est pas systématique, c’est vraiment quand il y a une situation où on se retrouve dans une impasse ou que la personne se trouve en danger. On fait alors appel à la population et les médias.
L’appel à témoins est donc le dernier recours ?
Exactement, c’est assez rare parce que cela entraine un tas de réactions de la population qui s’inquiète de la situation, qui a envie d’aider. Cela génère beaucoup d’appels qui ne sont pas forcément pertinents. Cela nécessite de mobiliser des gens pour trier les appels, voir si le signalement peut être utile ou non à l’enquête.
Quand on parle de la disparition d’un adolescent, on pense à un état potentiel de vulnérabilité, cela donne-t-il un caractère d’urgence dans l’enquête ?
C’est le caractère de minorité qui nous inquiète toujours, il y a toujours un caractère d’urgence à retrouver un mineur qui est abandonné à lui-même ou en prise à des personnes malveillantes. Il y a aussi des situations où le mineur fait des fugues de manière régulière, ou n’en fait jamais et d’un coup disparait. Dans ce cas-là, cela prend des proportions et une urgence immédiatement plus importantes.
Vous pouvez assurer de l’efficacité de vos services pour retrouver Amjad. J, face à sa maman qui se sent délaissée ?
La police travaille de manière sérieuse et compétente. C’est toujours difficile de retrouver quelqu’un donc il faut du temps, de la patience et surtout laisser aux services d’enquête le temps de travailler et se concentrer sur l’essentiel : retrouver l’enfant.
C. Cava Michard