La prédation ne s’arrête plus aux alpages. À Crots, une attaque attribuée au loup a provoqué la mort de 30 brebis à l’intérieur même d’une bergerie, selon la Confédération paysanne des Hautes-Alpes. L’organisation syndicale s’alarme d’un contexte qu’elle juge de plus en plus contraignant pour les éleveurs.
Elle pointe notamment un arrêté municipal ayant imposé le confinement des chiens de protection sur la commune. Pour la Confédération paysanne 05, la multiplication de ce type de décisions entrave le travail des éleveurs et "favorise les loisirs sur le pastoralisme", alors que la pression du loup reste élevée.
Le syndicat rappelle qu’en 2025, dans les Hautes-Alpes, environ quarante morsures sur des humains ont été signalées pour 1250 chiens de protection et plusieurs milliers de randonneurs quotidiens en été. Des faits jugés "graves", mais qualifiés d’"anecdotiques" au regard du nombre d’interactions sans incident.
Pour les éleveurs, les chiens restent un outil indispensable face au loup. "Si la société veut des loups, elle ne peut pas refuser les contraintes qui vont avec", estime la Confédération paysanne, appelant à renforcer la médiation auprès du grand public sur les comportements à adopter face aux chiens de protection.
Le syndicat demande également l’autorisation de tirs dès la première attaque afin de réduire la prédation, une meilleure indemnisation des pertes indirectes, ainsi que la prise en charge de la protection des troupeaux bovins et équins. Il plaide enfin pour le développement de programmes de recherche consacrés aux moyens de lutte.
Cette nouvelle attaque à Crots relance ainsi un débat récurrent dans les Alpes du Sud : celui de la cohabitation entre élevage pastoral, présence du loup et fréquentation touristique des espaces naturels.








