"Je ne me laisserai pas exproprier" : bras de fer à Savines-le-Lac avant les municipales

"Je ne me laisserai pas exproprier" : bras de fer à Savines-le-Lac avant les municipales

À Savines-le-Lac, le président du groupe Normand dénonce un projet municipal visant à engager une procédure d’expropriation de son site industriel Optex et de terrains voisins. Le projet porterait sur la construction d’environ 80 logements.

En pleine campagne des municipales, un sujet explosif vient tendre la situation à Savines-le-Lac. Le président du groupe Normand, Éric Normand, dénonce un projet de la municipalité sortante visant à engager à terme une procédure d’expropriation de son site industriel Optex et de terrains lui appartenant sur la commune.

Selon lui, cette orientation a été évoquée lors du conseil municipal du jeudi 5 mars, à dix jours du premier tour des élections municipales.

D’après les éléments avancés par le dirigeant, la municipalité dirigée par le maire sortant Victor Bérenguel envisagerait la construction d’environ 80 logements sur un terrain de 23 000 m² appartenant au groupe Normand.

Éric Normand affirme avoir découvert cette possibilité sans aucune concertation préalable.

"Découvrir qu’une procédure d’expropriation pourrait être engagée sur nos terrains, sans qu’aucune discussion n’ait jamais été organisée, est extrêmement choquant", déclare-t-il.

Le chef d’entreprise affirme par ailleurs travailler déjà sur un projet alternatif, notamment autour de la cession d’un terrain situé à Picoune et de l’installation possible d’une entreprise sur la commune.

Implantée à Savines-le-Lac depuis 1962, l’usine Optex a longtemps constitué un acteur économique local important.

L’entreprise produisait notamment des antennes de télévision et divers équipements électroniques, commercialisés en France et à l’international.

En 2012, un incendie avait détruit une partie de l’atelier. La production avait néanmoins repris l’année suivante après le remplacement des équipements.

Un appel au dialogue avec la municipalité

Face à la situation, le président du groupe Normand appelle la municipalité à clarifier ses intentions concernant l’avenir du site.

"Le groupe Normand est attaché à Savines-le-Lac et reste ouvert à toutes les discussions. Mais moi vivant, je ne me laisserai pas exproprier", affirme-t-il dans une réaction communiquée à la rédaction d'Alpes 1.

Selon lui, une concertation aurait dû être engagée bien en amont autour de l’avenir de ces terrains, évoquant même la comparaison avec les discussions menées lors de la mise en eau du barrage de Serre-Ponçon dans les années 1950.

Pour l’heure, la municipalité n’a pas publiquement détaillé les contours du projet évoqué lors du conseil municipal.