Venir au tribunal avec sept avocats, c'est un choix curieux. Certains diraient même qu'en dehors des Etats-Unis, c'est du jamais-vu, et que cela pourrait même éveiller des soupçons. Et pourtant, la stratégie originale a été payante.
C'est donc épaulé de sept robes noires qu'un ressortissant pakistanais a été jugé ce mercredi au tribunal correctionnel de Gap selon le Dauphiné Libéré. Interpellé dimanche par la PAF à Montgenèvre, le jeune homme de 26 ans venait d'avoir un léger accident de voiture et tentait de fuir à pied, abandonnant ses cinq passagers. Ces derniers, de nationalités pakistanaise ou indienne, ont expliqué aux enquêteurs avoir été embarqués par l'individu contre rémunération pour franchir la frontière depuis l'Italie.
Une version partiellement admise par le suspect, qui explique toutefois n'avoir touché aucune rémunération. Il aurait été menacé par une connaissance à qui il doit de l'argent et se serait donc exécuté pour rembourser sa dette.
Les sept avocats n'étaient pas de trop pour pointer toutes les incohérences voire ratés de la procédure. Nos confrères rapportent que le traducteur ourdou en visio a expédié les débats, devant se rendre à un mariage. Mais aussi que le prévenu n'a pas eu droit à des soins durant sa garde à vue malgré l'accident de voiture. De plus, le certificat de conformité de la procédure était absent pour certaines pièces.
Face à ce déluge de critiques, les juges gapençais ont préféré renvoyer l'affaire. Le prévenu pakistanais a été libéré et devra revenir au tribunal le 4 mai prochain. Sous contrôle judiciaire, il a l'interdiction de quitter la France.








