L’affaire a débuté par un courrier anonyme adressé à la direction d’une agence bancaire de Briançon. Son contenu mettait en cause une salariée, soupçonnée d’exercer une emprise sur une cliente âgée et isolée.
À l’époque des faits, en 2023, la victime a 94 ans. Sans entourage proche, cette nonagénaire s’appuie progressivement sur sa conseillère en patrimoine pour des tâches du quotidien : démarches administratives, courses, rendez-vous médicaux ou encore gestion de certains paiements.
Au fil des années, le lien strictement professionnel entre les deux femmes évolue. La retraitée confie sa carte bancaire à celle qu’elle considère désormais comme une proche afin de faciliter certaines dépenses.
Mais selon l’enquête, cette confiance aurait été largement détournée. Les investigations ont mis au jour près de 59 000 euros de retraits et dépenses suspectes au profit de l’employée bancaire.
Jugée ce jeudi devant le tribunal correctionnel, l’ancienne conseillère de 65 ans a reconnu avoir accepté de l’argent de la part de sa cliente, tout en niant avoir abusé de sa faiblesse. Licenciée depuis pour faute grave, elle affirme avoir simplement voulu rendre service.
Des flux financiers qui interrogent
Les mouvements sur les comptes de la nonagénaire ont pourtant alerté. Quelques retraits ponctuels d’abord, puis une forte augmentation à partir de 2022 avec plusieurs dizaines d’opérations en espèces, jugées incompatibles avec le train de vie très modeste de la victime.
Deux chèques, pour un total de 18 000 euros, avaient également été émis au bénéfice de la conseillère bancaire.
À l’audience, la prévenue a assuré que ces sommes lui avaient été remises volontairement, en guise de remerciement ou sous forme de prêt destiné à financer des travaux personnels. Une version accueillie avec scepticisme par le tribunal.
Entendue pendant l’enquête, la victime avait expliqué avoir remarqué certains débits suspects, tout en minimisant dans un premier temps leur ampleur.
Le tribunal a finalement reconnu l’ancienne conseillère coupable d’abus de faiblesse. Elle a été condamnée à un an de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende et devra verser environ 51 000 euros à la victime au titre du préjudice subi.







