Violences du 17 octobre : Marie-José Allemand appelle à un "nouveau contrat démocratique et social"

Violences du 17 octobre : Marie-José Allemand appelle à un "nouveau contrat démocratique et social"

Au lendemain des violences qui ont marqué les mobilisations du 17 octobre, la députée des Hautes-Alpes Marie-José Allemand condamne "sans aucune réserve" les casseurs et les pillards. Mais la parlementaire socialiste estime aussi que la crise révèle un affaiblissement profond du dialogue démocratique et appelle à reconstruire la confiance entre citoyens et institutions.

La députée de la 1re circonscription des Hautes-Alpes Marie-José Allemand, membre du groupe Socialistes et apparentés à l’Assemblée nationale, livre une longue analyse des événements du 17 octobre.

La parlementaire commence par fustiger très fermement les violences observées dans plusieurs villes.

"Je condamne sans aucune réserve les casseurs, les pillards et tous ceux qui ont profité de ces mobilisations pour semer le chaos", écrit-elle, estimant qu’ils doivent répondre de leurs actes devant la justice : "Aucune revendication sociale, aussi légitime soit-elle, ne peut justifier de telles violences."

"Leur mobilisation mérite d’être entendue"

Marie-José Allemand refuse toutefois de réduire la journée du 17 octobre aux dégradations.

Elle évoque les "centaines de milliers de Français" ayant manifesté pacifiquement, citant notamment les jeunes préoccupés par leur avenir, les salariés confrontés aux difficultés économiques ou encore les familles touchées par la hausse des prix.

"Leur mobilisation mérite d’être entendue, mais elle a pourtant été largement éclipsée par les violences survenues dans plusieurs villes. C’est aussi cela qui me révolte", souligne-t-elle.

Un affaiblissement des "corps intermédiaires"

Pour la députée, les événements doivent conduire à une réflexion plus large sur la montée des tensions dans la société française.

Elle pointe notamment "l’affaiblissement des corps intermédiaires de notre démocratie", citant les syndicats, partis politiques, associations et élus locaux, qui ont selon elle historiquement permis d’organiser les revendications et de négocier des compromis.

Marie-José Allemand adresse sur ce point un "reproche politique profond" au président de la République et aux gouvernements successifs depuis 2017.

Selon elle, une pratique trop verticale du pouvoir et la volonté de contourner ou marginaliser certains interlocuteurs ont "abîmé les mécanismes qui permettaient à notre démocratie de fonctionner". Elle cite notamment la réforme des retraites, les cahiers de doléances des Gilets jaunes ou encore les conventions citoyennes.

"Cela n’excuse en rien les violences"

La députée prend néanmoins soin de dissocier cette analyse des responsabilités individuelles dans les dégradations.

"Cela n’excuse en rien les violences. Les casseurs demeurent entièrement responsables de leurs actes. La violence n’est ni une fatalité ni une réponse politique", insiste-t-elle.

Mais pour Marie-José Allemand, comprendre "les conditions dans lesquelles elle prospère" reste indispensable pour éviter de se limiter à la condamnation des conséquences sans s’interroger sur les causes.

Elle s’inquiète également des conséquences de ces violences sur le droit de manifester, craignant que certains citoyens renoncent à rejoindre des rassemblements par peur des affrontements ou que ces événements servent à justifier de nouvelles restrictions des libertés publiques.

Un "nouveau contrat démocratique et social"

Marie-José Allemand appelle finalement à reconstruire en profondeur les mécanismes de dialogue.

"Ce que notre pays réclame aujourd’hui, c’est un nouveau contrat démocratique et social", affirme-t-elle.

La députée souhaite que les syndicats retrouvent davantage de place dans les négociations, que les partis jouent pleinement leur rôle de construction collective, que les élus locaux disposent d’une plus grande capacité d’initiative et que les citoyens puissent davantage participer à l’élaboration des décisions.

Elle appelle également à répondre aux préoccupations portant sur "les salaires, le pouvoir d’achat, les services publics, l’école, l’accès aux soins, les inégalités entre les territoires".

La parlementaire haut-alpine estime enfin que la prochaine présidentielle ne suffira pas, à elle seule, à résoudre cette crise de confiance.

"Un nouveau visage à l’Élysée ne suffira pas à rétablir la confiance entre les Français, leurs représentants et leurs institutions", juge-t-elle, plaidant pour "une autre pratique du pouvoir".

Et de conclure : "La fermeté envers les casseurs est indispensable. Reconstruire les conditions du dialogue et de la confiance est une tâche bien plus longue, et tout aussi urgente."