Hautes-Alpes : le Buëch se dote d’un programme de 13 millions d’euros pour faire face aux défis de l’eau

Hautes-Alpes : le Buëch se dote d’un programme de 13 millions d’euros pour faire face aux défis de l’eau

Le Contrat de rivière Eau et Climat du Buëch a été officiellement signé le 19 octobre 2026. Pour sa première phase, jusqu’en 2028, 77 opérations doivent être engagées afin de mieux gérer la ressource en eau, préserver les milieux naturels et anticiper les conséquences du changement climatique.

Comment préserver l’eau et les rivières du Buëch dans un contexte climatique de plus en plus contraignant ? C’est l’un des objectifs du nouveau Contrat de rivière Eau et Climat, signé lundi 19 octobre par plusieurs partenaires institutionnels, dont Éric Lions, président de la Chambre d’agriculture des Hautes-Alpes.

L’État, la Région Sud, le Département, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, les collectivités du territoire et le Syndicat mixte de gestion intercommunautaire du Buëch et de ses affluents (SMIGIBA) sont associés à cette démarche. Selon la Chambre d’agriculture, ce partenariat doit permettre de coordonner les interventions et de répondre aux besoins du territoire en matière de gestion de l’eau.

Treize millions d’euros pour une première étape

Prévu sur la période 2026-2031, le contrat entre désormais dans sa phase opérationnelle. D’après le dossier présenté par le SMIGIBA, 77 actions sont programmées entre 2026 et 2028, pour une enveloppe globale de 13 millions d’euros.

Les opérations portent sur plusieurs aspects complémentaires : surveillance de la qualité des eaux, amélioration des réseaux d’assainissement, suivi de la ressource en eau et restauration des cours d’eau. La protection des zones humides et de la biodiversité figure également parmi les priorités.

Des études doivent notamment permettre de mieux comprendre le fonctionnement des eaux souterraines du Petit Buëch. D’autres interventions concerneront la restauration du Grand Buëch à La Faurie et le rétablissement de la circulation des poissons sur certains cours d’eau.

Ce nouveau programme prolonge le travail engagé lors du premier contrat de rivière, achevé en 2017. Celui-ci avait notamment contribué à améliorer l’assainissement et à lancer des opérations d’entretien des berges.

L’agriculture également concernée par la gestion de l’eau

La disponibilité de la ressource représente un enjeu majeur pour les activités agricoles, mais aussi pour les autres usages du territoire. Le nouveau contrat prévoit donc des actions destinées à mieux connaître les volumes disponibles et à anticiper les besoins.

La Chambre d’agriculture des Hautes-Alpes sera responsable de deux opérations. La première portera sur l’irrigation et l’amélioration des connaissances relatives à la ressource. La seconde visera à accompagner les agriculteurs dans l’évolution de leurs pratiques face au changement climatique.

Ces travaux devront contribuer à préparer les exploitations aux variations de disponibilité de l’eau et à favoriser une gestion conciliant les différents usages. La démarche s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur les besoins futurs du bassin versant, avec une prospective envisagée jusqu’en 2050.

Sécheresses, baisse des débits et risque de crues

Le changement climatique constitue l’un des principaux fils conducteurs du contrat. Dans son dossier de présentation, le SMIGIBA souligne les évolutions attendues dans le bassin versant : des périodes de sécheresse estivale plus sévères, une diminution possible des débits, une hausse de la température de l’eau et une augmentation du nombre de jours où certains cours d’eau pourraient être à sec.

Le risque de crues fait lui aussi partie des phénomènes pris en compte. La restauration du fonctionnement naturel des rivières doit notamment contribuer à mieux intégrer les enjeux écologiques et la prévention des risques naturels.

Le programme prévoit également des actions en faveur des zones humides et de la végétation des berges, qui participent au fonctionnement des écosystèmes aquatiques.

Un travail mené avec les acteurs locaux

L’élaboration du contrat a mobilisé les acteurs du bassin versant pendant près de trois ans. Selon le SMIGIBA, cette concertation a reposé sur plusieurs comités de rivière, des réunions techniques et des échanges avec les communes. Près de 25 maîtres d’ouvrage doivent participer à la réalisation des opérations.

Le contrat s’articule par ailleurs avec d’autres démarches territoriales, notamment le programme consacré à la prévention des inondations dans le Buëch. Les deux dispositifs relèvent de la compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations (GEMAPI), exercée par le SMIGIBA.

L’objectif est de coordonner la restauration des rivières, la préservation des milieux naturels et la protection des populations. Les premières opérations prévues jusqu’en 2028 constituent une étape de ce programme de long terme.