Le bras de fer autour des Jeux olympiques d’hiver Alpes 2030 s’intensifie entre les responsables politiques azuréens.
Quelques jours après l’hypothèse d’un transfert des épreuves de glace vers la métropole de Lyon, le président de la Région Sud, Renaud Muselier, et le président de la commission Sport et préparation des JO 2030, Hervé Liberman, ont adressé un courrier offensif au maire de Nice, Éric Ciotti.
Dans cette lettre de plusieurs pages, les deux élus contestent l’idée d’un départ inévitable des compétitions de glace hors de Nice.
À leurs yeux, la situation résulte avant tout du refus du nouvel exécutif niçois d’adapter temporairement l’Allianz Riviera afin d’y accueillir le tournoi olympique de hockey.
Les auteurs du courrier évoquent un "choix politique" qui aurait profondément modifié le rôle initialement attribué à Nice dans l’organisation des Jeux.
Nice privée d’un rôle central
Selon les projections du projet olympique initial, la capitale azuréenne devait accueillir une large part des disciplines indoor : hockey sur glace, curling, patinage artistique ou encore short-track.
Le village olympique, le principal centre médias et les cérémonies de clôture devaient également y être implantés.
Pour Muselier et Liberman, ce pôle glace représentait le principal centre d’attractivité des Jeux, concentrant à lui seul une part importante de la fréquentation et des recettes de billetterie.
Les deux responsables s’appuient notamment sur l’exemple des futurs JO de Milan-Cortina, où les disciplines de glace pèseraient majoritairement dans les ventes de billets.
Des retombées économiques revues à la baisse
Le courrier avance aussi un chiffrage détaillé des conséquences économiques potentielles.
Les deux élus estiment que la perte du pôle glace pourrait représenter entre 800 millions et 1,1 milliard d’euros d’impact global pour Nice et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Sont notamment évoqués des investissements publics abandonnés, des marchés liés à la sécurité ou à l’événementiel, mais aussi un manque à gagner touristique et médiatique.
Le projet du Complexe Omnisports Olympique (COOL), présenté comme un héritage structurant pour le territoire, est lui aussi cité parmi les équipements désormais menacés, tout comme plusieurs centaines de logements envisagés dans le cadre de l’après-JO.
Au-delà du fond, le ton employé marque une nette montée de tension politique.
Renaud Muselier et Hervé Liberman regrettent une vision jugée trop conservatrice du développement local, estimant que Nice aurait perdu bien davantage qu’un simple dossier sportif.
Selon eux, la ville aurait laissé échapper "le cœur battant" et le "moteur" des Jeux d’hiver 2030.
Pendant ce temps, le COJOP Alpes 2030 semble désormais privilégier Lyon pour accueillir l’ensemble des épreuves de glace, une orientation qui pourrait être validée dans les prochaines semaines.







