Le chantier du téléphérique de La Grave devra franchir une nouvelle étape administrative avant d’aller plus loin.
Dans une décision rendue ce mardi 26 mai, le tribunal administratif de Marseille a annulé la position du préfet des Hautes-Alpes qui dispensait jusqu’ici l’exploitant du domaine d’une procédure spécifique liée aux espèces protégées.
Le litige concernait le projet d’extension porté par la SATG, société gestionnaire des remontées mécaniques de La Grave, visant à prolonger le téléphérique entre le col des Ruillans et le Dôme de la Lauze, à plus de 3 500 mètres d’altitude.
Saisi par plusieurs associations environnementales, le tribunal a considéré que l’exploitant devait solliciter une dérogation “espèces protégées”, préalable indispensable avant toute poursuite du projet.
Le gypaète barbu au cœur du dossier
Au centre des inquiétudes : le gypaète barbu, rapace rare et protégé, dont les zones de survol recoupent le secteur du glacier de la Girose.
Dans son jugement, le tribunal estime que les risques de collision avec les futurs câbles sont réels et suffisamment établis, notamment au regard de la hauteur et de la longueur de l’installation projetée.
Les magistrats considèrent également que les dispositifs envisagés pour rendre les câbles plus visibles ne présentent pas de garanties suffisantes d’efficacité pour limiter ces dangers.
Un projet ralenti, mais pas abandonné
Cette décision ne remet pas définitivement en cause l’extension du téléphérique. Elle impose toutefois à l’exploitant de compléter son dossier et d’obtenir une autorisation environnementale plus poussée.
Le projet cristallise les tensions depuis plusieurs années. À l’automne 2023, des militants écologistes, dont des membres des Soulèvements de la Terre, avaient occupé une partie du glacier pour dénoncer les impacts du chantier sur un milieu déjà fragilisé par le changement climatique.







