La tension monte autour de la question migratoire à Briançon.
Dans un communiqué publié ce 10 juin, les associations Médecins du Monde et Toutes et Tous Migrants s’en prennent directement au maire de la commune, Arnaud Murgia, après des propos tenus dans Le Figaro Magazine le 15 mai dernier.
L’élu y évoquait un prétendu "afflux de 300 à 400 migrants quotidiens" à la frontière franco-italienne et réclamait un renforcement des effectifs policiers.
Les deux associations contestent frontalement ces données.
Selon elles, entre cinq et trente personnes par jour seulement auraient tenté de franchir la frontière en mai 2026, certaines n’atteignant pas le territoire français. Elles affirment s’appuyer sur les arrivées recensées aux Refuges Solidaires ainsi que sur les refoulements vers Oulx, en Italie.
Médecins du Monde et Toutes et Tous Migrants estiment ainsi que les chiffres avancés par le maire seraient "dix fois supérieurs à la réalité" et dénoncent des affirmations "sans source", alimentant selon elles "le mythe de l’envahissement".
Le communiqué vise aussi Le Figaro Magazine, accusé de ne pas avoir vérifié les affirmations du maire ni sollicité de sources contradictoires.
Les associations dénoncent également l’usage de termes comme "immigration clandestine" ou "illégaux", qu’elles jugent déshumanisants et juridiquement inexacts, rappelant qu’une partie des personnes arrivant à la frontière souhaitent demander l’asile en France, sont mineures non accompagnées, ou voyagent avec des enfants en bas âge.
Les organisations réfutent aussi l’idée d’un manque de moyens à la frontière.
Elles rappellent la présence depuis 2017 de policiers aux frontières, gendarmes, CRS, militaires, drones et caméras, dénonçant une frontière déjà "ultra-militarisée".
Selon elles, cette politique aurait contribué à un "bilan mortifère", évoquant onze décès et cinq personnes disparues depuis le renforcement des contrôles.
Enfin, Médecins du Monde et Toutes et Tous Migrants dénoncent une tentative du maire de Briançon de "discréditer" les associations et bénévoles mobilisés auprès des personnes exilées.
Les deux organisations assurent n’avoir tenu "aucun propos violent" à l’égard du maire sur les réseaux sociaux et interrogent la responsabilité des discours politiques sur le climat local.







