La Confédération paysanne tire la sonnette d’alarme sur la situation des exploitations agricoles alimentées par le canal de Gap.
Dans un courrier adressé au préfet des Hautes-Alpes, le syndicat affirme que les restrictions d’irrigation instaurées à partir du 19 juillet ont été renforcées dans plusieurs secteurs. Il évoque notamment une coupure totale sur certaines branches, dont celle de La Roche-des-Arnauds, ainsi qu’un arrosage limité à trois nuits par semaine dans une grande partie du Gapençais.
Selon la Confédération paysanne, les fermes les plus dépendantes de l’eau sont déjà durement touchées, en particulier les exploitations maraîchères.
"Sans pluie dans les prochains jours, les coupures vont s’intensifier et nous courons vers la catastrophe pour de nombreuses cultures : maraîchage, arboriculture, fourrages, semences…", alerte le syndicat, qui redoute des conséquences économiques importantes pour des exploitations déjà fragilisées.
L’organisation agricole met directement en cause le niveau du débit réservé du Drac à la prise d’eau des Ricous. Elle affirme que celui-ci est passé de 140 litres par seconde en 2010 à 600 litres par seconde aujourd’hui, alors que le seuil réglementaire minimal serait, selon elle, de 300 litres par seconde pour les usages d’irrigation.
La Confédération paysanne demandait ainsi au préfet une intervention rapide afin de ramener temporairement ce débit à 300 litres par seconde.
"Nous demandons aujourd’hui une baisse très rapide du débit réservé jusqu’à 300 l/s", écrivaient ses représentants, en invoquant une disposition du Code de l’environnement permettant une adaptation lorsqu’un cours d’eau connaît un étiage naturel exceptionnel.
Cette analyse et les chiffres avancés relèvent toutefois de l’argumentaire du syndicat, qui a également transmis son courrier à l’ASA du canal de Gap, à la Chambre d’agriculture ainsi qu’aux autres organisations agricoles du département.
Au-delà de l’urgence actuelle, la Confédération paysanne réclame la mise en place d’un mécanisme permettant de réduire temporairement le débit réservé lors des prochaines saisons d’irrigation.
Cette possibilité devrait, selon elle, rester ouverte jusqu’à la mise en service de la retenue du Châtelard et du pompage des Choullières. Le syndicat estime que "l’agriculture du bassin gapençais ne doit pas subir les conséquences de lenteurs politiques et/ou de réalisation de projets structurants".
Il demande enfin que la pompe de l’ASA du Champsaur soit effectivement utilisée pour compenser l’eau prélevée dans le canal de Gap, affirmant que cette compensation n’avait pas été entièrement assurée durant l’été 2025.







