Eau potable à Gap : l’opposition accuse le maire de menacer l’avenir de l’agriculture locale

Eau potable à Gap : l’opposition accuse le maire de menacer l’avenir de l’agriculture locale

Le groupe Ambitions pour Gap interpelle la majorité municipale sur la sécurisation de l’alimentation en eau de la ville. L’opposition estime que le maintien de la dépendance à la prise d’eau des Ricous fragilise les agriculteurs du bassin gapençais lors des périodes de sécheresse.

Le débat sur l’alimentation en eau de Gap se poursuit sur le terrain politique.

Dans un communiqué, le groupe d’opposition Ambitions pour Gap met directement en cause la stratégie suivie par le maire Roger Didier et l’accuse de faire peser une menace sur l’agriculture locale. Une prise de position qui intervient alors que les restrictions d’irrigation se durcissent dans le Gapençais.

Selon l’opposition, la ville reste trop dépendante de la prise d’eau des Ricous, sur le Drac, utilisée à la fois pour alimenter la population en eau potable et pour les besoins agricoles.

Ambitions pour Gap affirme que cette installation de surface est vulnérable et ne disposerait plus, depuis 2020, d’existence légale pour l’usage d’eau potable. Le groupe reproche également au maire de ne pas participer suffisamment aux discussions menées avec les collectivités du Champsaur pour diversifier les ressources.

"Le refus obstiné d’avancer vers une solution durable a une conséquence désastreuse : il sacrifie nos agriculteurs", écrit le groupe.

L’opposition reconnaît que l’alimentation en eau potable de la population doit rester prioritaire. Mais elle estime que le partage d’une même ressource entre la ville et l’agriculture entraîne mécaniquement des restrictions pour les exploitants lorsque le débit du Drac diminue.

"En maintenant la ville de Gap sous la dépendance de ce captage partagé, le maire condamne de fait les agriculteurs du bassin gapençais à subir de plein fouet les coupures d’irrigation", accuse Ambitions pour Gap.

Le groupe évoque la succession d’hivers peu enneigés, l’allongement des périodes d’étiage et la multiplication des épisodes de sécheresse pour défendre la séparation des réseaux destinés à l’eau potable et à l’irrigation.

Ambitions pour Gap appelle ainsi l'exécutif de Roger Didier à reprendre part aux projets de diversification de l’approvisionnement, en citant notamment celui des Choulières. "Nous demandons solennellement à la majorité municipale de sortir de cette impasse, de reprendre sa place dans les projets de diversification et de travailler enfin à une solution qui respecte à la fois le Champsaur et le bassin gapençais", poursuit le communiqué signé par Charlotte Kuentz.

Le groupe pointe aussi l’absence, selon lui, des élus de la majorité municipale au sein du Syndicat intercommunal d’exploitation de la nappe alluviale du Drac. Cette structure est chargée de gérer la nappe des Choulières, présentée par l’opposition comme l’une des principales solutions de secours envisagées pour sécuriser l’alimentation en eau potable de Gap.