La Coordination rurale 05 réagit à l’interpellation de trois éleveurs de Cervières dans le cadre d’une enquête sur la mort de plusieurs loups.
Dans un communiqué publié dimanche, le syndicat agricole affirme ne pas vouloir commenter une enquête en cours, mais profite de cette affaire pour mettre en cause la gestion de la prédation dans les Hautes-Alpes.
La Coordination rurale estime que les moyens mobilisés dans cette enquête contrastent avec ceux consacrés à d’autres problématiques de sécurité. "Perquisitions, enquêteurs, gardes à vue et moyens humains démesurés… L’OFB n’a-t-elle pas plus urgent à traiter avec les feux qui ravagent nos territoires ?", interroge le syndicat.
"Les Français sont en droit de s’interroger sur les priorités de l’État", poursuit-il.
Une politique du loup jugée insuffisante
Sur le fond, l’organisation agricole dénonce "l’échec d’une politique qui abandonne les éleveurs depuis des années".
Elle énumère les difficultés auxquelles seraient confrontées les exploitations : "Attaques à répétition, détresse morale, pertes économiques, autorisations de tir trop tardives, régulation insuffisante : tout cela était prévisible".
Selon le syndicat, le manque de réponses apportées au monde de l’élevage aurait favorisé une montée des tensions. "À force de ne pas écouter le monde de l’élevage, l’État crée les conditions de situations toujours plus tendues", accuse-t-il.
La Coordination rurale 05 affirme par ailleurs que des publications diffusées par des associations environnementales identifieraient des agriculteurs locaux sans qu’il soit établi qu’ils soient concernés par la procédure. Le syndicat demande que les éleveurs mis en cause bénéficient de la présomption d’innocence et soient protégés contre d’éventuels actes malveillants.
Il revient également sur les neuf loups qui auraient potentiellement été abattus dans cette affaire, tout en estimant que la prédation reste forte dans le secteur.
"À quand un véritable comptage en toute transparence ? L’OFB paraît bien meilleur pour filer trois éleveurs que pour compter les loups au plus près de la réalité", attaque encore la Coordination rurale.
Le syndicat réclame désormais "une véritable politique de régulation du loup, adaptée aux réalités de nos territoires", afin que les exploitants ne soient plus laissés seuls face au prédateur.
"Cette affaire n’est pas seulement judiciaire : elle est avant tout le révélateur d’un profond échec politique", estime la Coordination rurale 05.
Elle conclut son communiqué par une formule adressée directement à l’État : "Les éleveurs ne demandent pas des privilèges. Ils demandent simplement que l’État les protège avec la même détermination qu’il met aujourd’hui à les poursuivre".







