Une "occupation olympique" du territoire : ce collectif évoque un fort rejet du Briançonnais pour le village des JO 2030

Une "occupation olympique" du territoire : ce collectif évoque un fort rejet du Briançonnais pour le village des JO 2030

Le Comité d’Alerte sur l’Organisation des JOP 2030 affirme que près de 90% des contributions citoyennes qu’il a analysées rejettent le projet de village olympique du fort des Têtes et la Ligne Olympique Réservée. Le collectif dénonce un "déni démocratique".

Le projet de village olympique prévu au fort des Têtes continue de cristalliser les oppositions à Briançon. Dans un communiqué diffusé par le CAOJOP 2030, le collectif estime que le soutien affiché par les pouvoirs publics contraste fortement avec les avis recueillis auprès des habitants.

Le CAOJOP revient notamment sur la visite du ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun, le 16 juillet.

Selon le collectif, celui-ci s’était alors montré très enthousiaste devant le futur village olympique, déclarant n’avoir "aucun doute sur le projet". Une position que le comité juge très éloignée des résultats de la concertation.

Le collectif revendique près de 90% d’avis défavorables

D’après l’analyse menée par le CAOJOP 2030 à partir des contributions déposées sur la plateforme de concertation de la SOLIDEO et de dossiers recueillis directement par ses soins, "près de 90% des participants et participantes" rejetteraient à la fois le projet du fort des Têtes et celui de la Ligne Olympique Réservée.

Le comité affirme que les opposants mettent notamment en avant les conséquences potentielles sur le patrimoine classé à l’Unesco, les finances publiques, l’environnement ou encore l’utilité à long terme des infrastructures prévues.

"Le constat est très clair : plus le projet avance, plus l’adhésion se dégonfle", estime le CAOJOP, qui accuse la communication officielle de présenter le projet olympique "comme une évidence".

La concertation de la SOLIDEO vivement critiquée

Le collectif cible particulièrement la manière dont la concertation autour du projet a été organisée. Il affirme que le dossier présenté au public était incomplet et ne permettait pas, selon lui, de disposer de tous les éléments nécessaires pour se prononcer.

Le CAOJOP assure également que ses demandes de rendez-vous avec la SOLIDEO sont restées sans réponse et que les contributions citoyennes ont disparu de la plateforme sans qu’une synthèse ne soit, à ce jour selon lui, rendue publique.

"La démocratie ne se réduit pas à une formalité administrative", affirme le collectif, qui considère que les habitants du Briançonnais ne disposent pas d’une place suffisante dans les décisions concernant la transformation du territoire liée aux Jeux olympiques d’hiver 2030.

Le coût des installations temporaires également pointé du doigt

Le CAOJOP remet également en cause les dépenses envisagées autour du fort des Têtes. Le collectif évoque notamment un devis de 16 millions d’euros pour des installations temporaires, alors que quatre bâtiments existants seraient, selon lui, réhabilités pour les Jeux.

Le comité va jusqu’à dénoncer une "occupation olympique" du territoire et estime que le Briançonnais risque de devenir "un simple décor pour quelques semaines de spectacle".

"Briançonnais méritent infiniment mieux que la pseudo destinée olympique qu’on leur promet", conclut le CAOJOP 2030, qui annonce vouloir poursuivre son opposition au projet tel qu’il est actuellement présenté.