Le dialogue est rompu, au moins provisoirement, entre une partie du monde agricole haut-alpin et l’Office français de la biodiversité.
Alors que le directeur général de l’OFB doit se rendre dans les Hautes-Alpes le 8 septembre, les Jeunes Agriculteurs des Hautes-Alpes et la FDSEA05 annoncent qu’ils ne participeront pas à la rencontre proposée par le préfet.
"Nous refusons une nouvelle fois un dialogue de façade", expliquent les deux organisations dans un communiqué.
"Toujours plus de contraintes, de contrôles et de procédures"
JA05 et FDSEA05 estiment que cette réunion ne permettrait pas d’apporter les réponses qu’attendent les exploitants du département.
"Cet échange consistera à nous demander de continuer à faire des efforts, tout en nous imposant toujours plus de contraintes, de contrôles et de procédures", dénoncent-ils.
Eau, haies, traitements, Natura 2000 ou encore prédation : les syndicats réclament des règles davantage adaptées aux spécificités de l’agriculture de montagne et critiquent "toujours plus de cartographies et de règles élaborées sans véritable concertation avec celles et ceux qui vivent et travaillent sur le terrain".
Le ton se durcit directement contre l’OFB : "Le problème, c’est une méthode qui place trop souvent l’agriculteur du côté du suspect plutôt que du côté de l’acteur ! Et l’OFB en est le premier coupable !"
Le dossier du loup au cœur des critiques
La question de la prédation occupe une place centrale dans leur refus.
"Nous n’avons pas besoin que des bureaucrates nous expliquent comment gérer la présence du loup sur nos territoires", lancent JA05 et FDSEA05.
Les deux organisations affirment attendre des réponses précises "sur le comptage, les opérations de déplacement ou de relâcher, ainsi que sur les procédures de tir".
Or elles estiment que rien ne permet, à ce stade, de penser que la venue du directeur général de l’OFB permettra d’obtenir ces réponses. "Les éleveurs n’ont pas besoin de nouvelles promesses. Ils ont besoin de résultats", insistent-elles.
Prêts à reprendre le dialogue sous conditions
JA05 et FDSEA05 ne ferment toutefois pas définitivement la porte à une reprise des discussions.
Elles se disent "prêtes à reprendre les échanges si l’OFB engage une véritable démarche de changement de méthode".
"Les agriculteurs ne sont pas les adversaires de la biodiversité. Ils en sont aussi les acteurs. Et ils refusent désormais d’être traités comme de simples objets de contrôle !", concluent les deux syndicats.







