Tourisme : malgré les incendies, les Hautes-Alpes ont réalisé un été 2026 encourageant

Tourisme : malgré les incendies, les Hautes-Alpes ont réalisé un été 2026 encourageant

Incendies, Tour de France, taux de remplissage : l'heure est au bilan pour le tourisme estival et le développement économique dans les Hautes-Alpes. Yvan Chaix, directeur de l'ADDET 05, nous répond.

Quel bilan tirez-vous de la saison touristique estivale 2026 dans les Hautes-Alpes ?

Yvan Chaix : La saison estivale accueille le plus grand nombre de visiteurs et génère le plus de nuitées. La saison 2026 n’a pas échappé à la règle, avec plus de 2 millions de touristes accueillis entre le 21 juin et le 21 septembre. La saison estivale peut être considérée comme plutôt positive, même si elle est marquée par un léger recul de la fréquentation par rapport à 2025. C’est une situation nouvelle puisque, pour la première fois depuis une dizaine d’années, le département enregistre une baisse, même légère, de sa fréquentation touristique. Les Hautes-Alpes continuent néanmoins d'attirer plusieurs millions de visiteurs chaque année. Cette saison montre surtout que le tourisme départemental doit désormais composer avec de nouvelles contraintes, notamment économiques et climatiques.

Quels ont été les principaux facteurs qui ont pesé sur la saison ?

Nous avons été rattrapés par un double contexte. D’abord, le contexte économique : on a un trou d’air en matière de croissance dans le pays. Même si le nombre de visiteurs était important chez nous, la consommation n’a pas été à la hauteur de nos espérances. Ensuite, le contexte climatique, avec plusieurs épisodes difficiles cet été : fortes chaleurs, canicules, orages et incendies. Lorsque les températures augmentent fortement, les pratiques touristiques évoluent. Les visiteurs ne consomment pas de la même manière et certaines activités deviennent plus difficiles à pratiquer.

L’incendie du Bois Noir a-t-il eu un impact sur l’activité touristique ?

Ça a été difficile pour les touristes qui étaient en séjour à ce moment-là. C’était également difficile pour les acteurs du tourisme, car chaque journée compte, et ce sont des journées qui ont été perdues. Il y a des personnes qui ont dû être déplacées, et d’autres qui n’ont pas réservé à la dernière minute comme elles espéraient pouvoir le faire. Cet épisode nous interroge directement sur les conséquences du réchauffement climatique et sur notre capacité à nous adapter.”

Les restrictions liées aux fortes chaleurs ont-elles également changé les habitudes des touristes ?

Le réchauffement climatique touche progressivement l’ensemble des activités touristiques. Les Hautes-Alpes bénéficient d’un climat montagnard et connaissent généralement des températures moins élevées que d’autres départements. Mais cela ne signifie pas que le territoire est à l’abri. Les restrictions de baignade, les fortes chaleurs ou encore les phénomènes météorologiques extrêmes peuvent modifier les pratiques des visiteurs. Il faut donc anticiper ces évolutions et adapter notre offre touristique.

Le passage du Tour de France a-t-il permis de compenser certaines difficultés ?

Le Tour de France a constitué un véritable temps fort de la saison. La course a été présentée trois jours dans les Hautes-Alpes, en juillet, avec des retombées qui ont été à la hauteur de nos espérances. Les premiers indicateurs sont encourageants : dans les secteurs directement concernés par le passage du Tour, le taux d’occupation des hébergements touristiques sur cette période était de 13 points supérieure de la moyenne départementale. Le passage du Tour de France féminin constitue également un événement important pour la promotion du département.

Comment le département entend-il faire face au changement climatique ?

Il faut s’adapter, il faut agir en conscience. C’est tout le sens des travaux que nous avons conduits ces dernières semaines, avec les quelque dix mille professionnels du tourisme de ce département. Nous avons bâti le  futur schéma départemental de développement touristique, qui porte jusqu’en 2036. Il prend en compte les enjeux liés au réchauffement climatique, à la préservation des milieux naturels et à l’évolution des pratiques touristiques. L’objectif est d’agir en conscience et d’anticiper plutôt que de subir les conséquences de ces changements.

Les intempéries et les incendies de cet été peuvent-ils fragiliser la prochaine saison hivernale ?

Non, il n’y aura pas d’impact. Pendant la saison d’hiver, les axes sont coupés et fermés. La saison d’hiver s’annonce plutôt favorable. Ces dix dernières années, d’importants efforts ont été réalisés pour améliorer l’accueil et répondre aux attentes des clientèles touristiques. De la même façon que nous avons connu une forte croissance de l’activité en saison estivale, nous avons également connu une forte croissance de l’activité en saison d’hiver, qui représente 35 % d'indemnité touristique et un peu plus de 45% du chiffres d'affaires touristiques.

Les Hautes-Alpes ont-elles encore une marge de progression en matière de fréquentation ?

On a des marges de progression considérables. On ne pourra pas accueillir plus de monde lors des périodes de forte affluence, car les établissements touristiques affichent complet. En revanche, les marges de progression sur les périodes intermédiaires sont considérables. Oui, les marges de progression restent importantes. Mais il faut aussi tenir compte de la capacité d’accueil du territoire.