La dégradation de la croix du pic du Vieux-Chaillol aura désormais une suite judiciaire.
Philippe Bailbé, préfet des Hautes-Alpes, annonce avoir déposé plainte auprès de la gendarmerie nationale après les dégâts constatés cet été sur cette croix en bois.
L’une de ses branches a été sciée, suscitant selon la préfecture "un vif émoi au sein de la population du fait de son caractère patrimonial".
La croix avait été restaurée bénévolement en 2023 par l’association Malcros 2818.
Une croix présente depuis 1863
La préfecture précise avoir sollicité la direction des archives départementales afin de documenter l’histoire du monument.
Les recherches effectuées établissent une première implantation en 1863, sur un terrain appartenant au domaine privé de l’État. Sa présence est donc antérieure à la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État.
La restauration réalisée en 2023 avait par ailleurs reçu l’autorisation du Parc national des Écrins, conformément au code de l’environnement et à la Charte du Parc.
"Ceux qui dégradent notre patrimoine enfreignent la loi"
La préfecture rappelle que la loi de 1905 interdit en principe d’installer des signes ou emblèmes religieux sur des emplacements publics, avec notamment une exception lorsque ceux-ci présentent une valeur patrimoniale.
Pour Philippe Bailbé, la dimension patrimoniale de la croix du Vieux-Chaillol ne fait pas de doute. "Les croix anciennes, au sommet de nos montagnes, font partie du patrimoine commun de l’ensemble des habitants", estime le préfet.
Et d’ajouter : "Ceux qui, par bêtise ou par une volonté de porter atteinte à la concorde et la cohésion nationale, dégradent notre patrimoine enfreignent la loi et doivent être sanctionnés."
La plainte était, selon la préfecture, un préalable nécessaire à toute enquête judiciaire. L’État était seul habilité à l’effectuer, la croix étant implantée sur son domaine privé.







