À Gap, certaines façades racontent plus qu’une simple histoire architecturale et celle du Grand Hôtel Lombard en fait partie.
Depuis sa construction en 1926, l’édifice situé dans le quartier de la gare a vu défiler voyageurs, artistes, sportifs et personnalités de passage dans les Hautes-Alpes. Un siècle plus tard, il sera exceptionnellement accessible au public à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. Samedi 19 septembre, de 9 heures à 18 heures, les visiteurs pourront franchir les portes du bâtiment et découvrir son rez-de-chaussée. Le vestibule, les mosaïques et plusieurs éléments décoratifs ayant traversé les décennies seront visibles au cours de cette journée consacrée à l'histoire du lieu. Des photographies, des documents d’archives et d’anciennes automobiles viendront compléter cette immersion dans le passé.
Une adresse fréquentée par les vedettes et les sportifs
Pendant plusieurs décennies, le Lombard a occupé une place particulière dans la vie gapençaise. Son histoire est marquée par le passage de plusieurs noms devenus célèbres, comme Édith Piaf, qui y a notamment dîné en 1959 avec son compagnon Douglas Davis ou d’autres artistes, tels qu’Annie Cordy, Enrico Macias, Fernand Raynaud ou les Compagnons de la Chanson, qui y ont séjourné à l’issue de leurs spectacles dans la ville.
La position de Gap, au cœur des itinéraires alpins, a également attiré les grands rendez-vous sportifs. Les participants du Tour de France et du Critérium du Dauphiné ont pu y faire étape avant ou après les ascensions. Même chose pour les concurrents du rallye Monte-Carlo, dont certains ont fait escale dans la cité gapençaise.
Mais l’histoire du bâtiment ne se résume pas aux personnalités de passage. Le Lombard a également été confronté aux bouleversements de son époque. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’hôtel a notamment été occupé successivement par des soldats italiens puis allemands. En 1944, les résistants gapençais viennent y demander la reddition des occupants.
Une construction pensée comme un hôtel moderne
Lorsque Pierre Lombard lance la construction de l’établissement en 1926, il fait appel à l’architecte grenoblois Georges Serbonnet. Le projet vise alors à créer un grand hôtel dans un quartier en plein développement. Le résultat affiche les codes architecturaux de son temps, avec l’Art nouveau et l’Art déco qui se côtoient dans les décors, tandis que les mosaïques et le vestibule monumental participent à l’identité du lieu.
Le bâtiment ne sert pas uniquement à accueillir des voyageurs. Au fil des années, il devient aussi un lieu de sociabilité pour les habitants de Gap. Les familles y organisent des mariages, des baptêmes et des anniversaires. Le dimanche après-midi, l’établissement accueille également des rendez-vous dansants.
De l’hôtel aux logements privés
L’aventure hôtelière prend fin dans les années 1960 et quelques années plus tard, en 1971, le bâtiment change complètement de vocation et est transformé en appartements. L’ancienne salle de restaurant a elle aussi connu une nouvelle vie puisqu’elle abrite aujourd’hui l’Agence de Développement des Hautes-Alpes.
Pour son centième anniversaire, le Grand Hôtel Lombard retrouve donc, le temps d’une journée, une partie de sa vocation originelle : accueillir du public. Samedi, les visiteurs pourront découvrir les traces laissées par les générations précédentes et mesurer, à travers l’architecture, les archives et les objets exposés, la place occupée par cet hôtel dans un siècle de vie gapençaise.
La terrasse accueillera également, à partir de 11 h 30, le trio de jazz Tchava Genza pour un apéritif musical. Une manière de faire résonner à nouveau, le temps de quelques heures, l’un des lieux emblématiques de l’histoire de Gap.







