Dans les Hautes-Alpes, les agriculteurs alertent sur les dégâts causés par les sangliers

Dans les Hautes-Alpes, les agriculteurs alertent sur les dégâts causés par les sangliers

À Gap, la Confédération paysanne des Hautes-Alpes tire la sonnette d’alarme face aux dégâts provoqués par les sangliers et les cervidés dans les exploitations agricoles. Dans un communiqué publié ce mercredi 16 septembre, le syndicat demande au préfet et aux sociétés de chasse de renforcer la régulation du grand gibier.

Après les tensions suscitées par la prédation du loup, un autre sujet de crispation revient sur le devant de la scène dans les Hautes-Alpes : les dégâts causés par le grand gibier aux cultures agricoles. Dans un communiqué diffusé le 16 septembre depuis Gap, la Confédération paysanne des Hautes-Alpes dénonce une situation devenue particulièrement préoccupante dans certaines communes du département, notamment dans le sud.

Le syndicat agricole fait le parallèle avec la question du loup. Intitulé “Sanglier, loup : même combat !”, son communiqué estime que l’exaspération des éleveurs confrontés à la prédation pourrait trouver un écho chez les agriculteurs victimes des dégâts de gibier.

Des cultures endommagées et des revenus fragilisés

Selon la Confédération paysanne, les populations de sangliers et de cervidés seraient devenues trop importantes dans certaines communes. Les animaux occasionneraient des dégâts dans les cultures, venant ainsi réduire les revenus des exploitants.

Le syndicat rappelle que les agriculteurs doivent déjà composer avec plusieurs difficultés économiques. Dans son communiqué, il cite notamment le contexte commercial lié au Mercosur et la hausse du prix du GNR, le gazole non routier utilisé par les exploitations agricoles.

À ces pertes s'ajoutent les dépenses et le temps de travail nécessaires pour protéger les parcelles. La pose de clôtures constitue notamment une charge supplémentaire que la Confédération paysanne juge insuffisamment prise en compte par la Fédération départementale des chasseurs des Hautes-Alpes (FDC05).

Nos cultures ne sont pas destinées au gibier mais bien à l’alimentation humaine”, rappelle le syndicat.

La régulation au cœur des revendications

Pour répondre à cette situation, la Confédération paysanne formule plusieurs demandes à destination du préfet et des sociétés de chasse.

Elle souhaite notamment que le sanglier puisse être classé comme nuisible dans les communes où les dégâts sont importants. Le syndicat réclame également la possibilité de délivrer des ordres de chasse particuliers sur les exploitations agricoles confrontées à des dégâts récurrents.

La Confédération paysanne propose par ailleurs que la FDC05 mette en place des formations gratuites au permis de chasser pour les agriculteurs concernés, ainsi que la gratuité de la cotisation annuelle pour les exploitants victimes de dégâts.

Enfin, le syndicat demande la mise en place d'un soutien financier pour l'installation de clôtures fixes renforcées dans les exploitations les plus exposées. Il souhaite également que l'État contrôle les mesures de prévention déployées par la fédération des chasseurs.

Une question qui dépasse les seuls dégâts agricoles

Derrière ces revendications se trouve une question plus large : comment maintenir un équilibre entre agriculture, chasse et gestion des populations de grands gibiers ?

Pour la Confédération paysanne, une régulation insuffisante risque d'accroître les tensions entre agriculteurs et acteurs de la chasse. Le syndicat estime même que l'avenir de la chasse passe par une gestion efficace des populations de grands gibiers.

Cette prise de position intervient dans un contexte départemental déjà marqué par les débats autour de la présence du loup et de ses conséquences pour l'élevage. La Confédération paysanne fait d'ailleurs référence, dans son communiqué, au braconnage de loups à Cervières, qu'elle interprète comme le symptôme de l'exaspération d'une partie du monde agricole face à la prédation.

Avec cette nouvelle alerte sur les sangliers et les cervidés, le syndicat entend donc remettre la question des dégâts de gibier au centre des discussions avec les services de l'État et les représentants de la chasse.