Carburants : Marie-José Allemand réclame une baisse temporaire des taxes pour soulager les Haut-Alpins

Carburants : Marie-José Allemand réclame une baisse temporaire des taxes pour soulager les Haut-Alpins

Face à la nouvelle hausse des prix à la pompe, la députée des Hautes-Alpes Marie-José Allemand demande au Gouvernement d’étudier une baisse temporaire de la fiscalité sur les carburants. Elle défend également le maintien des aides aux "grands rouleurs" et une contribution exceptionnelle des groupes énergétiques réalisant des bénéfices élevés.

Pour Marie-José Allemand, les aides ciblées annoncées par le Gouvernement ne suffiront pas dans un département rural et montagneux où la voiture demeure souvent difficile à remplacer.

La députée de la 1ere circonscription des Hautes-Alpes, membre du groupe Socialistes et apparentés à l’Assemblée nationale, annonce avoir interpellé le gouvernement ce jeudi sur le prix des carburants.

"Dans les Hautes-Alpes, la voiture reste indispensable pour beaucoup de personnes", insiste Marie-José Allemand. Elle évoque les habitants éloignés de leur travail, les déplacements pour se soigner, accompagner les enfants ou encore l’absence de transports collectifs adaptés à certains horaires.

"Ceux qui ont déjà du mal à finir le mois ont besoin d’une réponse maintenant", poursuit-elle.

Une baisse temporaire de l’accise réclamée

La parlementaire propose que le gouvernement étudie une réduction temporaire de l’accise sur les carburants.

Les tarifs normaux en vigueur s'élèvent actuellement à 69,02 euros par hectolitre pour les essences, soit 69,02 centimes par litre, et 60,75 euros par hectolitre pour le gazole, soit 60,75 centimes par litre.

Marie-José Allemand cite l’exemple de l’Allemagne. Berlin a annoncé une baisse temporaire de 14 centimes par litre de sa taxe sur l’énergie à compter du 1er octobre et jusqu’à la fin de l’année. Avec l'effet de la TVA, l'allègement doit atteindre environ 17 centimes par litre.

La députée souhaite que Bercy chiffre les conséquences d’une mesure comparable en France et examine les moyens de garantir qu’une éventuelle baisse fiscale se traduise effectivement par une diminution des prix à la pompe.

Taxer les "surprofits" du secteur énergétique

Marie-José Allemand reconnaît qu’une baisse générale de la fiscalité représenterait un coût pour les finances publiques.

Mais elle souhaite parallèlement mettre à contribution les entreprises du secteur énergétique bénéficiant de profits exceptionnels liés à la hausse des cours.

"Je trouverais difficilement compréhensible que les ménages absorbent seuls cette hausse pendant que certaines entreprises énergétiques peuvent bénéficier de profits exceptionnels liés à l’évolution des cours", déclare-t-elle.

La question est également débattue au niveau européen. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et le Portugal, ont demandé qu’une réflexion soit menée sur une taxation des bénéfices exceptionnels des groupes énergétiques.

L’aide de 100 euros jugée "utile, mais insuffisante"

Le Gouvernement vient de prolonger pour octobre, novembre et décembre l’aide destinée aux travailleurs dits "grands rouleurs". L’indemnité forfaitaire atteint 100 euros pour cette période et le dispositif a été élargi ; Bercy indique qu’il pourrait concerner 5,5 millions de Français.

Une aide que Marie-José Allemand juge utile, mais insuffisante pour couvrir la diversité des situations dans les territoires ruraux et de montagne.

La députée défend ainsi trois leviers : une baisse temporaire de la fiscalité sur les carburants, le maintien d’aides ciblées pour les ménages les plus dépendants de leur voiture et une contribution accrue du secteur énergétique en cas de bénéfices exceptionnels.

Elle assure ne pas remettre en cause la nécessité de réduire la dépendance aux énergies fossiles.

"La transition écologique est indispensable et urgente. Nous devons développer les transports collectifs, retrouver davantage de trains et accompagner les ménages vers des véhicules moins polluants", affirme Marie-José Allemand. Mais, ajoute-t-elle, "on ne peut pas expliquer à quelqu’un qui n’a aucune alternative à sa voiture qu’il doit simplement payer davantage".