L'enquête menée par les gendarmes de la section de recherches de Marseille avait conduit à l'arrestation du militaire en mai. Âgé de 34 ans, ce brigadier-chef était soupçonné d'approvisionner plusieurs collègues en "Pète ton crâne", un produit liquide destiné aux cigarettes électroniques et contenant des cannabinoïdes de synthèse.
La perquisition réalisée dans son logement au sein du régiment avait permis de retrouver du cannabis, de la MDMB ainsi que plus de 1 000 euros en espèces. Devant les enquêteurs, le militaire avait reconnu avoir vendu du PTC à quelques camarades depuis 2024. Les investigations ont cependant conduit à une estimation du trafic nettement supérieure à celle avancée par le prévenu, avec près de 41 000 euros de gains retenus par les enquêteurs.
Des risques particuliers dans l'armée
À l'audience, le prévenu a expliqué que sa consommation avait commencé après plusieurs opérations extérieures. Il aurait ensuite pris la relève d'un militaire qui lui fournissait le produit avant de le distribuer à son tour.
"J'ai commencé à consommer en rentrant d'opérations, ça m'aidait à dormir", a-t-il expliqué.
Cette consommation a suscité les interrogations du tribunal, notamment parce que le militaire exerce comme conducteur de véhicules blindés. Le président Denis Weisbuch a insisté sur les conséquences que pourrait avoir la prise d'un tel produit dans le cadre de missions militaires.
Le soldat, engagé depuis ses 19 ans et ayant participé à dix opérations extérieures, a assuré avoir aujourd'hui arrêté les stupéfiants et être suivi médicalement. Son parcours comporte toutefois plusieurs condamnations liées aux drogues.
Le dossier comprenait également des faits de revente frauduleuse de cigarettes au sein du régiment. Déjà sanctionné disciplinairement par l'armée, le militaire risquait également de voir sa carrière compromise par cette affaire.
Le parquet avait demandé jusqu'à 18 mois de prison avec sursis et une amende pouvant atteindre 15 000 euros. La défense a, elle, insisté sur l'absence d'une organisation structurée, présentant les ventes comme des échanges entre collègues.
Le tribunal a finalement retenu une peine de 15 mois de prison avec sursis et 3 000 euros d'amende. La condamnation ne sera pas inscrite au casier judiciaire, une décision qui permet au militaire de conserver une possibilité de poursuivre son engagement.







