À quoi ressembleront les forêts haut-alpines dans plusieurs décennies ? C’est l’une des questions auxquelles tentent de répondre les membres du Living Lab Forêts Alpines. Créé en 2024, ce dispositif réunit scientifiques, forestiers, collectivités, associations et habitants autour d’un même objectif : réfléchir à l’adaptation des forêts de montagne au changement climatique.
Une trentaine de participants se sont récemment retrouvés à Puy-Saint-André, puis dans la forêt domaniale de la Clarée, pour faire le point sur différentes expérimentations. Selon Le Dauphiné Libéré, les échanges ont notamment porté sur la régénération des forêts, les nouvelles pratiques de plantation et l’implication des habitants dans les décisions concernant les espaces forestiers.
Des arbres plus résistants à la sécheresse
Car les conditions auxquelles sont confrontés les arbres évoluent. Les périodes chaudes et sèches peuvent fragiliser certaines espèces et compliquer leur renouvellement naturel.
Dans les Hautes-Alpes, des expérimentations cherchent donc à identifier les arbres capables de mieux supporter ces nouvelles conditions. L’Office national des forêts teste notamment différentes méthodes de régénération et de plantation.
Une piste consiste à travailler sur des arbres provenant de régions au climat plus chaud. Du pollen issu de ces territoires pourrait notamment être utilisé pour obtenir des plants présentant une meilleure résistance au manque d'eau. L’objectif n’est toutefois pas de remplacer systématiquement les espèces présentes dans les forêts alpines. Il s’agit plutôt de comprendre quelles populations seront capables de s’adapter aux conditions climatiques qui se dessinent.
Observer les arbres pour mieux anticiper
Les chercheurs cherchent également à mieux mesurer l’état de santé des forêts. Des dispositifs installés sur des mélèzes permettent par exemple de suivre leur évolution au fil du temps. Des capteurs mesurent notamment les variations du diamètre des troncs, tandis que d’autres équipements permettent d’observer les insectes présents autour des arbres.
Ces données doivent permettre de mieux comprendre les conséquences des conditions météorologiques sur les arbres et leur environnement immédiat.
Le suivi ne se limite d’ailleurs pas aux parcelles facilement accessibles. Des travaux portent également sur l’utilisation d’images satellites afin d’évaluer l’état de santé des arbres dans des secteurs plus difficiles à atteindre.
Les habitants associés aux réflexions
Autre particularité du Living Lab : les habitants ne sont pas seulement considérés comme des observateurs.
Des rencontres de terrain et des ateliers doivent permettre au public de mieux comprendre les choix effectués dans les forêts communales et d’échanger avec les professionnels. L’objectif est également de favoriser le dialogue entre des acteurs qui peuvent avoir des usages différents de la forêt. Bois, biodiversité, élevage, tourisme, chasse ou encore activités de pleine nature : les attentes peuvent parfois diverger.
Pour les porteurs du projet, le dialogue entre ces différents acteurs doit donc faire partie des solutions permettant de préparer les forêts aux évolutions climatiques.
Une sortie prévue à Guillestre
Le public pourra prochainement découvrir concrètement l’une de ces expérimentations. Une sortie consacrée à l’observation du micro-écosystème d’un mélèze est prévue samedi 3 octobre à Guillestre. Elle permettra notamment de découvrir les dispositifs utilisés pour suivre l’arbre et les organismes qui évoluent autour de lui.
Cette initiative illustre une volonté du Living Lab : associer les recherches scientifiques à une observation directe du terrain et permettre aux habitants de mieux comprendre les transformations que connaissent les forêts alpines.







