Santé mentale : les Hautes-Alpes se dotent d’une feuille de route jusqu’en 2030

Santé mentale : les Hautes-Alpes se dotent d’une feuille de route jusqu’en 2030

Présenté le 30 septembre à Gap, le Projet territorial de santé mentale doit coordonner les actions menées dans les Hautes-Alpes jusqu’en 2030. Jeunes, agriculteurs, personnes âgées, saisonniers ou encore personnes confrontées aux addictions font partie des publics ciblés.

La santé mentale doit désormais faire l’objet d’une réponse collective dans les Hautes-Alpes. Présenté mercredi 30 septembre à la Mission locale de Gap, le Projet territorial de santé mentale (PTSM) 2026-2030 fixe les grandes orientations pour les prochaines années. L’objectif est notamment de mieux prévenir les situations de mal-être, faciliter l’accès aux soins et éviter les ruptures dans les parcours.

Le document réunit de nombreux acteurs du territoire autour d’une même stratégie. L’Agence régionale de santé (ARS) souligne notamment la volonté de construire un dispositif adapté aux réalités locales. Selon Olivier Brahic, directeur général adjoint de l’ARS Provence-Alpes-Côte d’Azur, 80 % du plan repose ainsi sur des spécificités propres au département.

Une attention particulière portée aux jeunes

Parmi les priorités affichées figure la santé mentale des jeunes. La Mission locale des Hautes-Alpes est déjà engagée sur ce terrain, notamment auprès des adolescents et des jeunes adultes confrontés à des difficultés sociales ou professionnelles.

L’organisme a notamment bénéficié d'un financement de l'ARS pour mettre en place des actions consacrées à la gestion du stress et de l’anxiété. Deux psychologues interviennent également à Gap et Briançon afin de permettre une prise en charge plus précoce des situations de fragilité.

Cette logique de prévention doit être poursuivie dans le cadre du nouveau plan. En 2027, plusieurs dispositifs devraient notamment être renforcés autour des adolescents, en lien avec l’hôpital de jour et l’Éducation nationale.

Agriculteurs, saisonniers et personnes âgées également concernés

Le PTSM ne se limite toutefois pas aux jeunes. Neuf objectifs stratégiques et 21 objectifs opérationnels ont été définis afin de répondre à des problématiques diverses.

La santé mentale des agriculteurs constitue notamment un axe important, avec une volonté d'améliorer le repérage du mal-être et du risque suicidaire. Les formations aux premiers secours en santé mentale doivent également continuer à se développer dans le département.

Les professionnels souhaitent par ailleurs mieux prendre en compte les difficultés rencontrées par les saisonniers et les personnes âgées. La prise en charge des personnes cumulant troubles psychiques et addictions fait aussi partie des priorités.

Dans ce domaine, une équipe mobile est actuellement en cours de création. Un projet prévoit également de développer des capacités d’accueil dans des structures spécialisées.

Prévenir les situations de crise et améliorer l’accès aux soins

Le plan prévoit aussi de renforcer les dispositifs intervenant après une tentative de suicide. Le dispositif Vigilans, qui permet de maintenir un contact avec les personnes concernées, ainsi que le numéro national de prévention du suicide, le 3114, doivent notamment continuer à être mobilisés.

Une équipe mobile consacrée à la santé mentale autour de la périnatalité doit également voir le jour dans le secteur de Gap.

Autre chantier annoncé : la création d’un réseau départemental consacré aux psychotraumatismes. L’objectif est de mieux coordonner les professionnels et de proposer des parcours de soins plus lisibles aux personnes concernées.

Le SAS-Psy, lancé dans les Hautes-Alpes en 2025, doit lui aussi poursuivre son développement. Le dispositif vise à orienter les personnes en situation de souffrance psychique vers le professionnel ou la structure la plus adaptée lorsqu’elles sollicitent le 15.

Enfin, le volet consacré à l’inclusion prévoit notamment la création du groupe d’entraide mutuelle « Bien » à Briançon. Le projet doit permettre aux personnes concernées par des troubles psychiques de bénéficier d’un espace collectif et de renforcer les liens sociaux.

Avec cette feuille de route, les acteurs locaux veulent donc agir à la fois en amont, pour mieux prévenir les situations de fragilité, et en aval, pour rendre les parcours de soins plus coordonnés.