Pour les arboriculteurs des Alpes de Haute Durance, l'arrivée de leurs pommes chez Burger King représente une nouvelle perspective de commercialisation. Dès le 28 octobre 2026, les 630 restaurants Burger King de France proposeront ces Golden IGP dans leurs menus enfants.
Derrière cette opération se trouve la coopérative de consommateurs C’est qui le Patron ? !, qui travaille depuis plusieurs années sur la rémunération des producteurs. Dans les Hautes-Alpes, 34 familles d'arboriculteurs bénéficient de cette démarche.
Parmi elles, Mélanie André, productrice au Poët. Depuis plusieurs années, son exploitation connaît des difficultés économiques, auxquelles se sont ajoutées les conditions météorologiques particulièrement contraignantes de l'été 2026, entre grêle, fortes chaleurs et manque d'eau.
« On n’y arrivait plus », témoigne l'arboricultrice, qui explique avoir vu une partie importante de sa production être insuffisamment valorisée.
Un prix calculé pour permettre aux producteurs de vivre de leur travail
Le principe défendu par C’est qui le Patron ? ! repose sur une idée simple : déterminer avec les producteurs un prix permettant de couvrir leurs charges et d'assurer la pérennité de leur exploitation.
Les producteurs évaluent ainsi le niveau de rémunération dont ils ont besoin. Le prix proposé est ensuite soumis aux consommateurs membres de la coopérative, qui peuvent l'accepter ou échanger avec le producteur afin de parvenir à un accord.
Pour les arboriculteurs, cette revalorisation doit notamment permettre de faire face à l'augmentation des coûts et de financer le renouvellement des vergers. Un enjeu important dans les Alpes de Haute Durance, où certaines plantations arrivent aujourd'hui à un âge avancé.
Mélanie André explique avoir déjà mesuré les effets de ce dispositif : « Grâce à cette démarche, j’ai gagné 7 000 euros de plus sur la récolte de 2025. »
La productrice voit donc dans cette nouvelle opération une possibilité de poursuivre son activité dans de meilleures conditions : « Cette initiative nous aide beaucoup. C’est un souffle… Un nouvel élan ! »
300 tonnes de pommes pour les menus enfants
L'accord conclu avec Burger King doit donner une nouvelle visibilité aux pommes Golden IGP du territoire. Environ 300 tonnes de pommes brutes seront nécessaires chaque année pour approvisionner les restaurants de l'enseigne.
Les fruits seront servis sous forme de quartiers dans les menus enfants. Une autre déclinaison doit également arriver dans les rayons de la grande distribution : une barquette de six pommes, commercialisée notamment chez Intermarché, Leclerc, Auchan et Chronodrive.
Burger King s'inscrit ainsi dans une collaboration déjà engagée avec C’est qui le Patron ? !. L'enseigne avait commencé à travailler avec la coopérative en 2024, notamment autour de l'utilisation de lait français dans ses boissons chaudes. L'année suivante, un nectar fabriqué à partir de pommes provenant de Bretagne et de Normandie avait également fait son apparition.
Pour Isabelle Schmidt, directrice de la communication de Burger King France, cette démarche permet à l'enseigne d'associer approvisionnement français et soutien aux producteurs.
« Nos clients mangent français. On contribue à une rémunération plus juste pour les agriculteurs », explique-t-elle.
Une nouvelle étape pour C’est qui le Patron ? !
Créée il y a dix ans dans le contexte de la crise du lait, C’est qui le Patron ? ! avait initialement pour objectif de permettre aux consommateurs de participer directement à la définition d'un prix rémunérateur pour les producteurs laitiers.
Depuis, le modèle s'est étendu à de nombreux produits. La coopérative revendique aujourd'hui 21 références solidaires, allant des produits laitiers aux œufs, en passant par les fruits.
Selon les chiffres communiqués par la coopérative, plus de 2 500 familles de producteurs et productrices sont désormais accompagnées en France. Depuis sa création, 730 millions de produits solidaires auraient été commercialisés.
Pour les arboriculteurs des Alpes de Haute Durance, l'arrivée des Golden dans les menus de Burger King constitue donc surtout un nouveau débouché, à un moment où les récoltes et les conditions de production restent fortement soumises aux aléas climatiques.







