La précarité alimentaire continue de peser sur les Hautes-Alpes. C’est le constat dressé par l’Union départementale de l’économie sociale et solidaire des Hautes-Alpes (Udess 05), à partir d’entretiens menés au printemps et à l’été 2026. Cette actualisation fait suite à une première enquête réalisée en 2024 avec le Département.
Des bénéficiaires toujours plus nombreux et diversifiés
Les associations accompagnent désormais davantage de familles avec enfants, de parents seuls, de retraités et de travailleurs pauvres, mais aussi des personnes en situation de handicap ou isolées.
À Gap, le Secours populaire estime accueillir entre 1 300 et 1 400 personnes. Les passages hebdomadaires auraient plus que doublé depuis la période précédant la crise sanitaire. Le Secours Catholique indique, de son côté, avoir accompagné environ 1 481 personnes en 2025 à travers ses dispositifs d’aide alimentaire et ses actions associées.
Ces chiffres ne permettent toutefois pas de mesurer tous les besoins, certaines personnes ne sollicitant aucune structure. Selon les observations rapportées dans l’étude, des personnes en difficulté se présenteraient même aux urgences pour obtenir un repas.
Des associations sous pression
Pour répondre à la demande, les structures multiplient les distributions, les collectes et les dispositifs d’aide financière. Mais les moyens humains et financiers restent limités. À Gap, le Secours populaire estime ses dépenses alimentaires directes à environ 4 000 euros par mois.
Le renouvellement des bénévoles devient également difficile, alors que la charge de travail augmente. Les associations s’interrogent sur leur capacité à assumer durablement seules cette mission, au détriment d’autres actions sociales.
La qualité des produits distribués constitue un autre enjeu, notamment pour les denrées issues de la Banque alimentaire. L’objectif ne se limite donc pas à fournir de la nourriture, mais aussi à favoriser l’accès à une alimentation de qualité.
Des initiatives pour améliorer l’accès à l’alimentation
Plusieurs projets se développent sur le territoire. Dans le Champsaur-Valgaudemar, les ateliers « Cuisinons Ensemble » permettent aux personnes en situation de précarité ou d’isolement d’apprendre à préparer des repas simples à partir de produits locaux.
À Gap, le CIBC propose également des ateliers de cuisine solidaires qui favorisent les rencontres et rompent l’isolement. Dans le sud du département, des opérations de glanage de pommes et de poires permettent de récupérer des fruits non commercialisables pour les associations.
Dans le Buëch, le Fourgon solidaire, porté par la Croix-Rouge et l’épicerie sociale et solidaire de Laragne, assure la livraison de colis alimentaires aux personnes qui ne peuvent pas se déplacer.
L’Udess 05 souhaite par ailleurs renforcer les coopérations entre associations, notamment en organisant davantage les échanges par bassins de vie. L’objectif est de mutualiser les moyens et de mieux répondre aux besoins locaux, tout en conservant une coordination départementale pour faire entendre les difficultés du secteur auprès des institutions.







