Les finances du Département des Hautes-Alpes sont confrontées à un équilibre de plus en plus délicat. Ce mardi 3 novembre, les élus se réunissent en session plénière pour débattre des orientations budgétaires de l'année 2027. À ce stade, il ne s'agit pas encore de voter le budget définitif, mais de fixer les grandes hypothèses qui guideront sa préparation.
Dans les documents présentés par la collectivité et rapportés par Le Dauphiné Libéré, un déséquilibre se dessine entre des dépenses sociales qui progressent et des recettes jugées plus fluctuantes. Cette situation, souvent désignée par l'expression « effet ciseaux », oblige le Département à examiner ses marges de manœuvre.
Une enveloppe d'investissement en baisse
Le premier ajustement envisagé concerne les investissements. Après avoir consacré 76,2 millions d'euros à ce poste en 2025, le Département prévoit une dépense de 67,8 millions en 2026. Pour 2027, l'hypothèse présentée aux élus descend à 56,1 millions d'euros.
Cette évolution intervient alors que la collectivité avait affiché une ambition importante en matière d'équipements et de projets. Son plan pluriannuel d'investissement, réévalué au printemps 2026, représente environ 600 millions d'euros sur la période 2022-2029.
La baisse envisagée pour 2027 traduit donc un ajustement des dépenses, dans un contexte financier moins favorable.
Dette et fonctionnement : les équilibres à préserver
Pour l'année prochaine, les projections départementales tablent sur 212,3 millions d'euros de dépenses de fonctionnement, contre 239,3 millions de recettes. À titre de comparaison, les recettes avaient atteint 246,3 millions en 2025, tandis que les dépenses de fonctionnement s'étaient établies à 199,3 millions.
La collectivité souhaite conserver une épargne de 27 millions d'euros afin de maintenir sa capacité à financer elle-même une partie de ses projets. Elle entend également garder sa capacité de désendettement sous la limite de six années.
Selon les hypothèses présentées, l'encours de dette pourrait atteindre 132,3 millions d'euros en 2027, contre 122,3 millions prévus pour 2026. Le taux d'endettement passerait ainsi de 51,4 % à 55,3 %. La capacité de désendettement progresserait de 4,4 à 4,9 années, tout en restant sous le seuil que le Département souhaite respecter.
D'autres dossiers au programme de la session
Le débat budgétaire ne sera pas le seul sujet abordé par les conseillers départementaux. Plusieurs dossiers doivent également être examinés, notamment un protocole consacré à l'accès à l'hébergement et au logement des femmes victimes de violences.
Les élus étudieront aussi un plan d'adaptation des bâtiments départementaux au réchauffement climatique, dont le coût est estimé à 400 000 euros sur trois ans. Le financement des travaux de requalification de la traversée de La Roche-de-Rame sera également à l'ordre du jour, tout comme l'adoption de la charte régionale de l'eau.
Les orientations discutées ce mardi doivent servir de base à la préparation du budget 2027. Les montants présentés restent donc des projections, qui devront être confirmées lors des prochaines étapes budgétaires.







