La mobilisation du 5 novembre ne s’est pas achevée avec la dispersion du cortège principal. En début d’après-midi, un rassemblement s’est formé devant le commissariat de Gap pour demander la libération de quatre personnes interpellées le matin même. Selon les informations rapportées par Le Dauphiné Libéré, environ 200 manifestants étaient présents à proximité du bâtiment, d’après le décompte de la préfecture.
Les personnes interpellées avaient été arrêtées à leur domicile, à Gap, Tallard et Embrun. Un membre du Local autogéré de Gap a indiqué au quotidien qu’elles étaient visées par une enquête portant sur des faits de dégradation et d’outrage remontant au 31 octobre, date d’une précédente mobilisation.
Quatre interpellations liées à une précédente manifestation
La préfecture des Hautes-Alpes a confirmé le lien entre ces arrestations et les événements du 31 octobre. Elle évoque notamment la destruction par le feu d'une silhouette en carton représentant le président de la République, installée sur un chariot dans l'espace public.
Cette justification ne convainc pas les soutiens des personnes arrêtées. Le Local autogéré dénonce une réponse qu'il considère disproportionnée et s'inquiète des conséquences de ces procédures sur le droit de manifester.
Devant le commissariat, les participants ont réclamé la libération des quatre personnes. Une distribution de soupe solidaire était également organisée sur place.
Deux versions des affrontements et du recours aux lacrymogènes
La situation s'est progressivement tendue au cours du rassemblement. Dans son récit des faits, la préfecture fait état de policiers pris à partie, de projectiles lancés en leur direction ainsi que de difficultés de circulation et d'accès au commissariat.
Les autorités indiquent que des sommations ont précédé la dispersion du groupe et que plusieurs salves de grenades lacrymogènes ont ensuite été tirées.
Les manifestants interrogés par Le Dauphiné Libéré contestent cette présentation. Ils dénoncent une intervention policière qu'ils jugent injustifiée et affirment ne pas avoir provoqué la confrontation. Leurs témoignages font état d'un usage des gaz lacrymogènes qu'ils estiment disproportionné.
Un policier blessé, une personne interpellée
La préfecture signale qu'un fonctionnaire de police a été blessé pendant les événements. Elle fait également état d'une nouvelle interpellation, cette fois pour rébellion et entrave à la circulation.
Les circonstances précises de ces faits restent présentées différemment par les autorités et les manifestants. À l'issue de cette journée de mobilisation, les événements survenus devant le commissariat ont ainsi ouvert un nouveau front de contestation, autour des conditions d'intervention des forces de l'ordre et du traitement judiciaire des faits reprochés aux quatre personnes arrêtées.







