Les chiffres ont poussé la préfecture à changer de ton. Depuis janvier, les accidents de la route ont progressé de 17 % dans les Hautes-Alpes et le nombre de blessés de 25 %. Selon le préfet Philippe Bailbé, 14 personnes ont déjà perdu la vie sur les routes du département cette année, presque autant que sur l'ensemble de l'an passé.
Pour inverser la tendance, le représentant de l'État compte utiliser les nouveaux leviers offerts par la loi RIPOST, promulguée le 18 août. Il les a présentés vendredi 6 novembre à Veynes, lors d'une opération de contrôle menée par les motards de l'escadron départemental de contrôle des flux de la gendarmerie.
Un mois de suspension pour les récidivistes du smartphone
Premier visé : le téléphone tenu en main au volant. L'infraction coûte aujourd'hui 135 euros et trois points. Pour les conducteurs pris en récidive, s'y ajoutera une suspension administrative du permis d'un mois. Elle pourra atteindre trois mois si l'usage du téléphone s'accompagne d'une autre infraction.
Avant de sanctionner, la préfecture mise sur l'avertissement. D'ici le 1er décembre, les automobilistes verbalisés recevront un courrier du préfet les appelant "à se ressaisir".
Le phénomène n'a rien de marginal. Plus de 1 300 infractions liées au téléphone ont été relevées dans le département depuis le début de l'année, contre environ 1 500 sur toute l'année 2025. À Veynes, les gendarmes ont intercepté plus d'une dizaine de conducteurs en une seule matinée. D'après le préfet, téléphoner en conduisant multiplie par trois le risque d'accident, et par 23 lorsque l'appareil est tenu en main.
Stupéfiants : le permis suspendu même hors du volant
La seconde mesure vise la drogue. Les consommateurs de stupéfiants contrôlés en état de récidive s'exposent eux aussi à une suspension administrative de leur permis, y compris lorsqu'ils n'étaient pas en train de conduire. "Les personnes prises en récidive de consommation de stupéfiants, au volant ou pas, pourront avoir jusqu'à six mois de suspension administrative de leur permis", a précisé Philippe Bailbé.
Le préfet a demandé que ces situations lui soient désormais transmises systématiquement. Un premier dossier est déjà en cours d'instruction dans le département.







